Le 9 septembre 2025, soit la veille du lancement d’un mouvement social populaire d’ampleur, l’un de nos animateurs a été interpellé et perquisitionné à son domicile. D’abord placé en garde-à-vue pour association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un délit passible de 10 ans de prison ferme, et après 48h de garde-à-vue sous pression mais sans fondements, il passe en procès en février 2026 pour… avoir refusé de donner son mot de passe d’ordinateur durant ces 48h. L’association de malfaiteur a été immédiatement abandonnée à la fin de la garde-à-vue.
Dans un contexte de criminalisation toujours plus importantes de militant-es investi-es dans les luttes sociales, ce sont également les journalistes qui sont de plus en plus pris-es pour cible. Durant l’été, les services de Bruno Retailleau ont dévoilé un nouveau « schéma national des violences urbaines », dont l’objectif ne fait aucun doute : empêcher les journalistes d’approcher en cas de confrontation avec les forces de l’ordre, comme par exemple lors de révoltes après un crime policier, ou en cas de manifestations tendues. Selon le Syndicat National des Journalistes de la CGT, « cela ouvre la porte à un usage dérogatoire à peu près dans toutes les manifestations. » Régulièrement déjà, des journalistes sont pris.es pour cibles par les forces l’ordre dans les manifestations. Reporters sans frontières (RSF) a par exemple recensé sept cas de journalistes entravés physiquement par les forces de l’ordre dans l’exercice de leur fonction lors des manifestations du 10 septembre, par coups de matraques, étranglements, ou intimidations. Ce fut encore le cas tout récemment lors de la manifestation du 18 septembre à Lyon lorsqu’un journaliste de France 2 a été violemment blessé après un tir de grenade de désencerclement.
L’interpellation d’un de nos animateurs la veille de la journée de mobilisation du 10 septembre interroge l’ensemble de la radio. Lors de la perquisition de son domicile, les policiers encagoulés de le PJ ont épluché ses cahiers de notes d’animation d’émission de notre radio (entre autres choses). Une carte SD contenant les rushes d’une interview de travailleur·euses du jeux vidéos en grève en février dernier a été saisie puis détruite par les enquêteurs, ce qui correspond à une destruction illégale de sources journalistiques. Les bénévoles des radios sont protégé.es de la même manière que les journalistes professionnelles. Dans le dossier concernant son affaire, il est également spécifié qu’il est un animateur régulier sur Radio Canut. Être animateur radio sur une émission militante d’une radio historique lyonnaise serait il devenu un crime ? Par ailleurs, son ordinateur a également été saisi lors de la perquisition et ne lui a pour l’instant toujours pas été rendu. Or, cet ordinateur est son outil de travail dans et en dehors de la radio.
L’ensemble de la radio dénonce cette interpellation et garde-à-vue abusive et apporte son soutien total à notre animateur.
Faire de la radio n’est pas un crime. Militer n’est pas un crime.
Et rendez lui son ordi.
Radio Canut